Le Blog du Lémurien

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MONT CAMEROUN 2012 / RECIT DE COURSE

MONT CAMEROUN MOUNTAIN RACE 2012

 

18 Février 2012

 

Course du Mont Fako - Course de l'Espoir

"Tous unis dans l'espoir"

 

 

 

 

 

 

Pour cette édition 2012, au delà du côté découverte, ferveur nationale et dépaysement de cette
épreuve qui en font une course exceptionnelle, voilà un récit de course tout à fait ''classique'', car je tiens aussi à montrer par ce biais là qu'il ne s'agit pas d'une promenade de santé, ou d'un voyage touristique ! Il s'agit avant tout d'une épreuve sportive d'une extrême difficulté (ratio dénivelé-distance, technicité, altitude, climat), et surtout avec un niveau exceptionnel pour essayer de décrocher la prime de 4 000 000 de CFA !!

 

 


Monte_Camerun_2012 par Alberto_Prez

 

 


 

 

 

 

 

 

Voilà ce qu'il s'est passé

 

 

Après une nuit passée à la maison suite au changement de dernière minute des billets d'avion ... puis une nuit à Bordeaux pour problème de Visa avec Royal Air Maroc, ... puis 2h30 de vol vers Casablanca, puis 4h de transit, puis 5h30 de vol pour Douala ... et enfin 2h de transport de l'aéroport à l'hôtel de Buéa (nous avons aussi pris le temps de chercher des épingles à nourrice sur la route en pleine nuit pour la fédé du Cameroun !!) , nous voilà arrivés le Samedi à 1h30. Nickel ... sauf que la course a bien lieu le Samedi et non le Dimanche!!!! Départ dans 5h30...

 

 

 

 

 

 

 

5h15. Je ne fais pas un dessin, le réveil est un peu laborieux. Une douche froide (de toute façon y
avait pas le robinet pour l'eau chaude à l'hôtel!!!), la tenue de combat, 2 barres énergétiques avalées vite-fait, et hop, tout est ok ! Nous retrouvons Pilou arrivé depuis Jeudi soir, ainsi qu'un coureur allemand Philip, un éthiopien, et Rachid El Morabity, le marocain vainqueur du Marathon des Sables et de l'Ultra Toubkal 2011 !

 


 

 

6h. Nous partons pour le Moliko Stadium, le stade de la ville de Buéa, à 630m d'altitude. Le jour se lève tranquillement, il fait lourd (25°C environ) et très humide. Côté matériel, j'ai optimisé cette année, étant venu plus dans une optique de course que de découverte pour cette deuxième participation. Short-débardeur classiques, les Speed Trail LAFUMA au pied, une casquette (pour éviter les brûlures de l'an passé, car on est sous l'équateur, ça chauffe vite!), des manchettes et un buff autour du poignet pour le sommet, une veste KW ultra-light autour de la taille au cas où, et un porte-bidon simple avec 3 barres, 3 doses de poudre énergétique pour remplir mon bidon et ... ma caméra Go Pro bien sûr ! Les ravitaillements (uniquement en eau) sont très nombreux, il n'y a aucun souci de ce côté là, il y a des bouteilles disposées tout au long du tracé. Prêt pour affronter le Mont Cameroun !

 

Sans redonner tous les détails sur les caractéristiques de l'épreuve (topo complet réalisé en
2011  ICI)  , la difficulté réside dans la complémentarité nécessaire entre 2 entités très opposées : les qualités de vitesse pure et les qualités de montagnard du skyrunner. Vitesse pure pour amortir comme on peut le départ de folie à travers Buéa et ses rues bondées, sur les 7 premiers km de bitume et seulement 400m de d+, mais aussi pour rentrer sur les derniers km ! Même si la pente est dans le bon sens, avec la fatigue, cette fin de course peut s'avérer terriblement longue et tout peut se jouer sur ce tronçon, car il reste quasi 30 minutes de course encore... une éternité pour moi par exemple... Qualités de skyrunner pour affronter les pentes du Mont Cameroun. À partir d’Upper Farm à 1000 m d'altitude, il faudra se hisser au sommet à 4090m en à peine plus de 10km ! 3 Kilomètres Verticaux consécutifs à monter ... et à dévaler! Pentes très inclinées et
terrain volcanique aux roches très instables sur une grosse partie requièrent beaucoup de puissance musculaire pour monter et une grande dextérité (et prise de risque) pour descendre. Le facteur altitude en plus, et voilà du 100% skyrunning pour cette seconde facette.

La seconde partie occupera bien 75% de votre temps de course, mais pour performer sur cette
épreuve, il faudra les 100% pour rivaliser avec les champions Camerounais, et le mot de champion n'est pas du tout usurpé !!

 

 

 

 

 

 

 

6h45. Difficile pour nous de réussir à s'échauffer... tous les coureurs veulent faire une photo à
nos côtés, c'est à la fois gênant et très sympathique, mais impossible de refuser! Il faut dire que le caractère international de l'épreuve est ''légèrement'' usurpé, nous sommes seulement une poignée d'étrangers au départ, ce qui attire la curiosité. Quelques français sont présents, dont un coureur
qui s'est lancé sur l'épreuve un peu par le biais de nos blogs. Sympa. Quelques petites foulées sur le stade feront l'affaire, l'heure du départ approche. Les coureurs sont maintenant sur la ligne de départ.

 

 

 

 

 

 

6h55. La température monte, le Mont Cameroun se dégage en toile de fond... va falloir tout donner ! La pression monte, les coureurs Camerounais trépignent sur la ligne de départ, on ressent la tension chez eux. 3 Minutes avant de partir, je m'aperçois que j'ai oublié de me faire ''baguer'' ! Le bracelet au poignet est l'unique moyen permettant de justifier que tous les coureurs étaient bien présents au départ... les fraudeurs existeraient-ils ici aussi ??? C'est bon, je parviens à
en trouver un. Retour case départ..

 

 

 

7h00. Les coureurs sont lâchés! 1000 selon les autorités ... 600 voire 300 selon d'autres ... un
peu comme les manifs chez nous ! Peu importe. Nous en sommes et c'est une grande chance, malgré les petits soucis d'organisation précédents. Il faut en profiter et tout donner cette année !

 

 

 

 

 


 

 

 

 

Section 1 - Stade de Moliko - Upper Farm - 7km sur route - D+400m.

 

 

 

 

30 mètres après le départ, j'entraperçois un coureur devant en train de se relever, il y a une chute, comme il peut y en avoir sur les terrains de cross sauf que là on part quand même pour environ 5h de course!! Pour vous faire une idée du départ. Le temps de sortir du stade (300m), de traverser le marché à travers tout (200m) et nous passons sur la grande artère centrale qui va nous monter tout en haut de Buéa sur 6-7km ... et les premiers sont déjà bien loin!

 

 

 

 

Sur cette avenue aussi large que les Champs-Elysées, le public sur les bas-côtés est en liesse, et il y a un cordon de spectateurs tout du long, un grand moment. Mais il faut rester concentré sur soi-même, ne pas céder à l'aspiration ! Devant, même Rachid ElMorabity (2h19 sur Marathon) me dira après la course qu'il avait eu du mal à suivre le tempo des premiers ! Samuel sera à mes côtés toute cette portion, nous sommes sur un bon rythme, mon cardio dépasse déjà les 170puls/min par moments, ce qui est trop élevé pour moi (convenable pour 2-3h de course à cette période de la saison, guère plus). Je surveille, je gère, mais les km de bitume ne passent pas assez vite à mon goût, ... et les premiers s'éloignent, s'éloignent ... tout le peloton est quasiment à vue sur cette grande avenue.

 

 

 

 

 

Lorsque nous apercevons le haut de la ville, on entend les premiers passer sous les acclamations du public en folie au niveau de la Prison. Ils ont bien déjà 5' d'avance et pourtant je suis au taquet! Nous passons la prison en environ 40min. Point positif, j'ai bien pensé à m'hydrater et j'ai offert mon maillot ''Matinal'' à un enfant sur le bord de route (heureux comme moi avec le bidon de Pantani lorsque j'avais 12 ans!!!) car je suis déjà trempe tellement j'ai chaud ! Apéritif plutôt costaud, mais maintenant on peut attaquer les choses sérieuses.

 

 

 

Section 1 : 40' -
D+400m - Vitesse ascensionnelle 800m/h.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

Section 2 - Upper Farm - Refuge 1 -  Forêt Tropicale. D+800m.

 

 

 

 

Dès le passage à la prison, difficile de conserver un rythme de course pour monter, car il commence
à y avoir des pentes raides! Samuel lève un peu le pied et me dit alors de partir à mon rythme. Je vais essayer de maintenir un rythme soutenu tout au long de l'ascension, on verra bien! Cette section dans la forêt tropicale est très agréable. Alternance de portions de relances et parties plus raides, il est possible de trottiner pour rester à l'avant de la course. Le terrain est technique, entre racines et pierres par endroits, mais sans difficulté exagérée ; la difficulté résulte surtout dans l'enchaînement avec la section précédente où presque tous les coureurs ont mis le voyant dans le rouge, c'est là que tout devient compliqué ! Autre changement, le ciel s'est couvert tout d'un coup, pour passer à une couleur grisâtre qui ne nous quittera malheureusement plus. Quelques gouttes de pluie sont perceptibles, mais il fait encore chaud à cette altitude.

Le refuge 1 se situe aux alentours de 1800m d'altitude. Petit à petit, je parviens à remonter
quelques coureurs Camerounais, les pulsations se stabilisent entre 160 et 165puls/min (mon maximum est à 180 environ), ce n’est pas reposant on va dire, mais je suis dans ''ma course'' ! Impossible de savoir quelconque écart ou position, mais à vrai dire je ne m'en suis pas du tout soucié...

 

 

 

 

Temps de passage:1h20

Section 2 : 40' - D+800m - Vitesse ascensionnelle 1200m/h. FC Moyenne: 166puls/min

 

 

 

 


 

 

 

 

Section 3 - Refuge 1- Refuge 2 - Savane Verticale. D+900m.

 

 

 

 

 

 

Quelques minutes après le premier refuge est un ravitaillement express, j'attendais ce moment
qui m'avait marqué l'an passé, la sortie de la forêt et ce chemin qui se redresse à travers la savane, tout droit à perte de vue avec des pentes infernales ! Et bien malgré ça, j'ai encore été surpris par la verticalité ! Impossible à décrire, les photos et vidéos ne révèlent pas bien la pente, mais je garantis que ça pousse sur les quadriceps, et ceux qui me connaissent savent que j'apprécie pourtant cela ! Et bien j'ai trouvé dur !! Les premiers, que je parviens à distinguer plus ou moins (de simples points blancs sur cette ligne directrice qui nous mène au sommet du Fako), me paraissent déjà à une éternité ... et malgré une bonne forme, je ne peux aller plus vite !! Je ne lâcherai rien, je pends mon rythme de marche forcée, mains sur les cuisses, tête dans le guidon, et faut ni lever la tête, ni se retourner (sauf pour admirer Buéa qui devient tout petit ...). J'estimais mon temps de passage au sommet en 3h15, je suis donc à peu près à la moitié de l'ascension en termes de temps, je passe la barre des 2000m d'altitude. La météo a changé du tout au tout, le plafond nuageux est descendu, le Fako est submergé, la pluie commence à être un peu plus importante... une toute autre course commence, nous passons à des conditions de montagne après la moiteur du départ! Une course pleine de contrastes, c'est normal. Alimentation ok,
hydratation ok, les cuisses vont encore bien, cette section me permet encore de grappiller petit à petit quelques places, mais elles sont chères et dures à obtenir désormais ! A vue d'œil, il doit y avoir une bonne trentaine de coureurs devant, et je suis sur mon terrain de prédilection (la marche forcée). Le Refuge 2 se situe à plus de 2700m, juste après un léger replat (il dure pas longtemps). Petite pause pour remplir mon bidon avec la dose de poudre énergétique, j'en profite pour remonter les manchettes également, j'aperçois quelques poils qui se hérissent sur mes bras, pas bon signe !!

 

 

 

 

 

Temps de passage : 2h10

Section 3: 50' - D+925 - Vitesse scentionelle 1150m/h. FC Moyenne: 157puls/min

 

 

 


 

 

 

 

 

Section 4 - Refuge 2 - Refuge 3 - Savane Verticale (bis). D+875

 

 

 

 

 

La température baisse fortement, la pluie s'accentue, et des grondements de tonnerre se font entendre ! Les Dieux seraient-ils fâchés aujourd'hui contre les coureurs? A la sortie du refuge 2, la pente s'attenue quelque peu avant de retrouver de nouveau un terrible mur pour atteindre le refuge 3. Je sens alors que la fatigue commence à se faire sentir : les pulsations descendent légèrement, je ne parviens que difficilement à relancer en courant lorsque cela est possible ... ''Allez, la ultima subida!!!'' (et oui, pendant la course, j'ai beaucoup parlé espagnol dans ma tête et je me faisais la traduction en français!!! ...3 jours avec Samuel et je suis automatisé...ou alors j'étais vraiment fatigué!! lol). Malgré cela, je parviens encore à remonter un coureur de temps en temps, certains sont à vus pas très loin, de quoi rester motivé pour lutter jusqu'en haut !!  Vers les 3000m d'altitude (et oui on est déjà passé au dessus du Pic du Midi d'Ossau!), petite halte obligatoire, je dois enfiler mon KW, les conditions deviennent vraiment difficiles ! De la vraie haute montagne, seulement 2h après les 25°C du départ ... et à côté de moi, ces coureurs Camerounais en short-débardeur-knapps (chaussures en plastique), frigorifiés, qui ne lâchent rien ! Une leçon d'humilité et de courage énorme, je n'ai pas le droit de me plaindre de quoi que ce soit !! Ma vitesse d'ascension a légèrement baissé, mais à mi-pente (de ce mur là) j'aperçois juste là Rachid El Morabity le Marocain vainqueur au Toubkal en Octobre dernier! Finalement, même si ce terrain n'est peut être pas sa prédilection, je me dis que je ne suis pas si mal que ça en le remontant au bout de près 3h de course, il avait pris de l'avance sur les sections 1 et 2 ! On échange quelques mots, mais guère plus, les conditions climatiques ne permettent plus de savourer cette ascension, il faut lutter, contre les éléments, contre soi-même ... le Fako est un adversaire de taille cette année !!!

A 2h40 à ma montre, les premiers coureurs redescendent déjà !!!???? Ils me croisent à des vitesses
hallucinantes !! ... avec une écharpe bleue autour du cou, il s'agit des maillots bleus de la course en relais. Rapides calculs dans ma tête ... et cela signifie un passage au sommet en 2h30 pour 3300m de d+???? Wouahhhhh !!  Et 5' plus tard, les premiers maillots blancs, les individuels !!! Impossible, il me reste encore 450m de d+ à grimper et eux sont déjà redescendus?? J'ai comme un mauvais pressentiment à ce moment là ... Et 10' plus tard, lorsque le troisième refuge apparaît devant moi, les officiels de l'épreuve sont là, et bloquent l'accès au sommet, pour raisons de sécurité ! Quelques instants de frustration, une pensée pour Pilou obligatoirement qui n'avait pu l'atteindre en 2011, mais finalement, les conditions à 3700m d'altitude imposent un tel choix ! Brouillard, pluie, froid, coups de tonnerre ... un aléa des courses en Montagne qui tombe bien mal aujourd'hui, mais avec lequel nous devons composer obligatoirement. Les commissaires me remettent un bout de tissu avec une épingle a nourrice sur mon maillot, la preuve d'être arrivé au bout du parcours !! Je prends quelques minutes de récupération, un Camerounais m'aide à manipuler ma camera car mes doigts sont congelés, je mets la capuche désormais, un bref ravitaillement, et je me dis quand même que c'est la deuxième fois de ma petite existence que je suis aussi haut, à 3700m d'altitude !!!

 

 

 

 

 

Temps de passage: 3h01

Section 4 : 51' - D+875m - Vitesse ascensionnelle 1100m/h. FC Moyenne: 151puls/min

 

 

 


 

 

 

 

Section 5 - Refuge 3 - Sommet du Mont Cameroun - D+350. Annulée

 

 

 


 

 

 

Section 6 - Descente Infernale du Refuge 3 au Moliko Stadium - D-3000m sans discontinuer.

 

 

 

 

La mise en route est très difficile, j'ai du mal à mettre un pied devant l'autre, je suis congelé,
j'ai perdu tout repère technique! Heureusement cette phase transitoire ne sera pas trop longue, la première partie est comme je l'aime, 2000m de d- (jusqu'à la forêt tropicale) très techniques, très pentus ! Sur le plan physique et énergétique, cela me permet de me reposer, les pulsations descendent, je parviens à me ravitailler de nouveau. Nous échangeons un mot d'encouragement avec tous les coureurs croisés, mais je ne lève guère les yeux ; le terrain ne pardonnera aucune erreur ici. Les roches volcaniques sont très abrasives, et l'inclinaison de la pente est telle qu'une erreur est quasi impossible à récupérer, la vitesse prise serait quasi fatale! Ma vitesse s'améliore, je prends confiance, je repasse rapidement Rachid qui était redescendu directement du refuge. Un peu plus bas, Samuel est là!! Yayayayayaya, ''No problem''!!! En arrivant environ 200m au dessus du refuge 2, Pilou est là aussi, parfait! Je n'ose lui dire que le sommet est impossible, mais les conditions sont différentes, il sera ''Finisher'' sans problème cette année!! Chacun poursuit sa route.

 

Je me force à rester concentré, mais à plusieurs reprises, je frôle la correctionnelle ! Une
récupération in-extremis, je sens le mesh de ma speed trail s'agripper à ce volcan ... puis je perds mes repères, me voilà partir en arrière, mes pieds font rouler ces pierres, je ne trouve plus l'équilibre. Cette descente est vraiment dangereuse, mais il faut bien essayer de se rendre vite à l'arrivée non ??!!! Ces 2000m sont passés à une vitesse folle!! J'ai encore réussi à grappiller quelques places, seul un Camerounais m'a doublé comme un bolide, et pourtant je pensais pas être trop maladroit ... juste un petit arrêt pour enlever de nouveau le KW, cette sensation cocotte-minute me dérange ... à 2000m la température est de nouveau convenable.

 

De retour dans la forêt tropicale, je sens que Buéa se rapproche, mais je sais aussi que le terrain ne me sera pas aussi favorable, il va falloir relancer, la technicité est moindre ... et ces 7km de bitume!!!!!! on retrouve quelques spectateurs qui redescendent du second refuge et qui m'encouragent, et apparaît une nouvelle motivation (faut bien s'accrocher à quelque chose) : je suis le premier ''White Man'' ! Bien que peu nombreux, la présence de Rachid me permet de jauger quelque peu mon état de forme, et ça me permet de ''lutter'' jusqu'à la fin, pour un sentiment du travail accompli ! Toute la forêt, les pierres et racines sont devenus glissants par endroits, faut rester vigilant. Je déroule comme je peux, mais personne ni devant, ni derrière. Cette section me semble beaucoup plus longue que les précédentes, est-ce la fatigue? Bientôt 4h de course, et toujours pas de prison en vue ; je pensais un moment passer sous la barre des 4h30, mais ce sera mission impossible avec ce final... peu importe, l'important est de ne plus lâcher prise, mais ça devient difficile. Les arbres se dégagent petit à petit... puis je traverse la portion herbeuse menant de nouveau à Upper Farm, ''Allez, courage !!!''

 

Cette section que je redoutais tant sera extrêmement difficile physiquement : les pulsations qui
montent de nouveau très haut (et je redoute alors une hypo de dernière minute), les dessous des pieds qui me brulent sur ce bitume, les quadriceps sont très douloureux (on l'a bien cherché je sais) ... mais heureusement, la foule digne de l'arrivée du Tour de France va me porter tout au long de ces longs kilomètres! Des cris, des chants, des enfants qui m'accompagnent, ''First white
man!!!'', ... autre contraste avec la solitude des pentes du Volcan! Des moments difficiles mais inoubliables ! Les Camerounais sont quant à eux survoltés, et 4 coureurs me reprennent sur ces derniers kilomètres ... je ne peux pas lutter ... et pourtant ils sont presque pieds-nus!!! Incroyable,
comment supportent-ils ça sur la partie précédente dans les rochers?? Je me refuse alors de lâcher sur les deux derniers légers faux-plats montants, et j'aperçois alors le Stade ! La course va se terminer. J'ai tout donné. Je reprends juste ma caméra pour savourer la dernière ligne droite ... ça y est, ... c'est déjà fini ... il y a à peine plus de 24h nous décollions de Bordeaux ... Et c'est tout ?Et non, j'ai réussir à résister au retour de Rachid sur la partie bitumée de 7km! Je termine 22ème en 4h47' ces 34km et 3000m de d+, et Rachid quelques minutes derrière, 25ème, bien isolés entre tous ces Camerounais. Samuel en 5h55 (il a quand même un temps de référence en 4h50 à Zegama, les connaisseurs apprécieront), Pilou en dessous des 7h00, nous avons vaincus le Fako 2012!!!!

 

 

 

 

 

Temps de passage: 4h47

Section 6 : 1h46 - D-3000m -  FC Moyenne: 152puls/min

 

 

 


 

 

 

 

Voilà comment s'estpassé ce Championnat de Montagne du Cameroun, la Mountain Race 2012 pour moi!

 

 

Bien qu'il soit difficile d'être à une forme optimale pour nous Européens pour cette échéance
(période hivernale, acclimatation, fatigue du voyage ...), j'estime que j'étais très bien préparé. Même à 200%, il me serait quasi impossible de passer sous la barre des 4h30 (sur la base du parcours 2012) ... et bien voilà le classement des 3 premiers ! La course se gagne en 4h02 ! 
Je trouve cela exceptionnel, même à Zegama en 2011, un certain Kilian ne me distance ''que'' de 35 minutes ... là, 45 sur un terrain qui m'est plus favorable!!! Je ne rentrerai pas plus en détail des chiffres, à chacun ses interprétations et hypothèses, mais je voulais juste par ce biais là faire ressortir le caractère sportif de cette épreuve ! C'est un véritable championnat du Cameroun, chaque concurrent vient représenter une des dix régions du pays, et malgré les moyens dérisoires dont ils disposent tant au niveau matériel, que de la préparation,..., le niveau de performance et la densité des coureurs est aussi exceptionnel !!

 

 

 

 

 

CLASSEMENT HOMME 2012

 

1. Gassibuin Godlove (Région Nord Ouest) 4h02

2.Ndonghue Simplice (Région Sud Ouest) 4h09

3.Enyung Divine (Région Nord Ouest) 4h10

 

22. Le Lémurien 4h47

25. El Morabity Rachid (Maroc) 4h52

30. Ngwaya Yvonne (Région Nord Ouest) 4h59 1ère Femme

79. Sanchez Puente Samuel 5h55

125. Pilou 6h55

 

 

 

 

 

Pour tous ceux qui souhaitent tenter l'aventure, dites-vous bien que c'est avant tout une épreuve
extrêmement difficile, que les barrières horaires sont très serrées, et que ce n'est pas forcément un trail ''open'' comme chez nous, ouvert à tous, c'est avant tout un Championnat de Montagne!! Le seul Européen a avoir réussi à s'imposer sur le nouveau parcours fût le suisse Pierre Henri GOBET sur la première édition en 1990, en 4h44 ; pour situer, il me semble qu'il fut ou est encore le détenteur du record de l'aller-retour Chamonix-le Mont Blanc!!! Donc une jolie référence ... sauf que le record de ce parcours Camerounais réalisé en 2005 par TEDJIOZEM Dominique est tombé à 4h21!!

 

 

 

 


 

 

 

Il s'agit bien d'une vraie course de Montagne africaine !!!! Une course de référence sur ce
Continent, et elles sont rares !!! Une chance de l'avoir courue, merci à la Fédération d'Athlétisme du Cameroun, merci Pilou !!!

 

 

 

SOMMAIRE ET LIENS COMPLETS DE TOUTE L'AVENTURE

 

Lien vers Article 4 : photos inédites du Cameroun

 

Lien vers Article 2 : les à côtés de la course pour une aventure unique

 

Lien vers Article 2 : l'espoir d'être au départ !

 

 

 

 

 

 

Le Lémurien



24/02/2012
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