Le Blog du Lémurien

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LES ETAPES : RECIT D'UNE DEFAILLANCE

Comme l'an passé, j'avais prévu l'appareil photo numérique dans ma petite pochette, prêt à dégainer pour prendre au vol de sompteux paysages et faire rêver les passionnées qui n'ont pu participer à cette édition d'EUSKAL TRAILS 2008 ...  mais c'était sans compter sur une météo capricieuse et surtout sur mon incacité à prendre la moindre photo après 3 heures de course !!!

désolé, çà va manquer d'images, mais au moins y'à un peu de texte pour relater cette aventure partagée avec Enrique, pour la troisème fois consécutive, mais hélàs pas notre (ma) participation la plus brillante ... 

 

ETAPE 1

 

Il est 3h55 (j'ai pas mis 4h pour dire que j'étais réveillé au moins 1 heure avant !), le réveil sonne dans mon Camping Car ... j'entends quelques gouttes tomber sur le toit ... la nuit a été courte... mes petites femmes sont loin, ... bref j'ai connu de meilleurs réveils !! Juste le temps d'enfiler la tenue, et je vais voir si Enrique s'est bien réveillé sous sa toile de tente. Oui, oui, par superstition, il a refusé mon hospitalité, car çà lui avait bien réussi à la Réunion l'an passé !

 

 

En tout cas, on déguste une part chacun de Gato Sport MAXIM au chocolat, un petit jus d'orange, on prend le matos prêt de la veille, on allume les frontales, et c'est parti vers la ligne de départ !!

 

 

5h00

Même pas le temps pour Gégé de faire son discours, nous voilà partis ! Traversée de Baigorri, et on attaque direct les premières rampes sur chemins ; on prend la tête, et on passe toutes les buttes en courant !!!  ... comme si on était parti pour faire 40km ... ce qui m'aurait bien suffit d'ailleurs ! ... derrière le cortège de frontales s'étire, et rapidement on se retrouve à 4, avec Claude et Christophe, les vainqueurs des 2 précédentes éditions, ... comme on se retrouve !!

 Les sensations sont très bonnes à ce moment là ! On attaque le premier sommet, le MUNHOA, avec une pente très raide sur le sommet, tout droit, comme pour mettre direct dans l'ambiance du week end ; nous approchons du sommet, et en se retournant, les suivants, après 1heure de course, sont déjà à environ 8-10' derrière, au pied de la rampe. Le jour fait son apparition, on bascule sur Banca. A chaque début de descente, surtout si ça tape bien , mon talon me rapelle à l'ordre quelques minutes, puis s'accoutume rapidement pour ne plus me géner ensuite; là encore un point rassurant en ce début d'étape. Nous arrivons rapidement à Banca, point du premier ravitaillement; trop rapidement ?? Peut-être, car avec 20' d'avance sur les prévisoions, les bénévoles ne sont toujours pas en place !! Juste, juste !!  Pas grave, les camels sont encore pleins, on peut être autonomes jusqu'au prochain.

 

Par contre, plus grave, c'est qu'un peu plus loin, on a pris 100mètres d'avance avec Enrique, et on file en suivant la rubalise ... jusqu'à ce que Claude nous rapelle ??? ''Par ici !!!'' ... '' Faut rester sur la route !'' ... pourtant on suivait la rubalise, mais c'était celle du 25km !! et là encore, les bénévoles n'étaient pas arrivés à la bifurcation !!  Là on a eu chaud, sinon l'éape était bouclée en 3 heures !! ...  merci Claude ...  heureusement qu'il connaissait la route sur le bout des doigts !!

 

 

On attaque la seconde ascension; dans le groupe de 4, Enrique fait le tempo ... mais le rythme ralenti au fur et à mesure ... a mi-pente, nos compagnons relancent en trotinnant, et nous devons nous résigner à les laisser partir ... Enrique m'avouant que lors de chaque montée, son tendon était très douloureux au niveau du genou et qu'il ne pouvait donc s'exprimer à fond ... nous continuons encore sur un bon rythme tout de même, sans s'affoler. Passé le col d'Ehuntzaroy (c'est basque non ??lol), on redescends vers Arnéguy ; la fin de la descente est monotne, de longs kilomètres en descentesur le goudron pour rejoindre le ravito ; nous sommes a mi-course.

Enrique demande un médecin; personne. Je prends une petite soupe avec quelques pates, on c'est reparti ... pour du goudron ! il faut remonter jusqu'à Valcarlos (3 km), puis entamer tout le début de la grande ascension de la journée  (D+900) encore sur une route !!  Aidés de nos bâtons, on progresse à un bon rythme, toujours Enrique à l'avant. Cependant, alors que je suivais aisément sur les 2 premières côtes, là j'ai commencé à lutter , puis à perdre 2-3 mètres, puis à ralentir ...  des sensations de vertige me prennent, je commence à avoir sommeil, je suis sans forces, ...  je reconnais encore avec le peu de lucidité qu'il me reste les symptômes d el'hypoglycémie, comme celle survenue dans le final de l'UTMB 2007. Aïe aïe aïe !!! Là faut que je m'arrête , desuite !!!  Enrique semble surpris ...  je mange une barre, on s'arrête 5 minutes sur un rocher ...  moment de flottement ...

Il me motive, je me motive, bref, nous voilà repartis !  La fin de l'ascension de MEHATZE est longue et laborieuse, surtout dans ses parties roulantes ... mais une fois le sommet franchi, la descente proposée me réjouit !!  Un passage à couper le souffle !  Sur une ligne de crête, avec une pente très raide, il faut descendre dans le trou, juste en bas par un sentier très technique, qu'on aperçoit à peine tellement il y a de la pente, pour ensuite remonter dans la fôret qui est en face !!  LA VALLEE D'HAYRA !!!  Cette portion me permet de me relancer, y compris dans la remontée qui suit, tout droit dans la fôret, comme de vrais sangliers ! seuls les faux plats sur le hauts restent difficiles à avaler, mais on parvient à maintenir un bon rythme de croisière jusqu'aux Aldudes, dernier ravitaillement au km58.

Incroyable, nous sommes toujours 2d !!  Les écarts faits en début d'étape devaient être importants, car je suis à l'arrachée depuis maintenant 2 bonnes heures, et Enrique semble s'ennuyer un peu ... mais c'est pas fini !!  La dernière portion, par ESNAZU, ser apour moi interminable !!  Encore beaucoup de goudron, de pistes monotones, pour cette boucle de 7km, dont on voit jamais la fin et dont je me serai bien passé !!! comme beaucoup je crois ...   on trotinne, on marche ... on trotinne (un peu),, on marche (beaucoup) ... je suis cuit !!  Seule la flamme rouge me redonne espoir, avec le clocher d'Urepel en point de mire, mais c'était sans compter que pour prendre le pont, il fallait faire le tour de tout le village !!  Même le dernier km aura était long !!

8h22 de course - Arrivée à Urepel - Je suis ''nettoyé'' comme on dit !! ... et çà se voit !!

 

On est 2ds !!  Inespéré non à lire ce compte rendu !!  ... à 35' des vainqueurs certes, mais avec aussi 20' d'avance sur nos poursuivants, LOCHOU / BASSONS !!  Pas mal en fait !! ...  après la douche même et un bon repas, on se dit presque que tout est jouable !! Si, si, je vous assure çà m'a traversé l'esprit !!  comme quoi j'étais pas si lucide que çà après l'arrivée de cette étape 1.

La petite ampoule souvenir... BIEN SOIGNEE par MAX !

 

 

ETAPE 2

 

4H00 LE REVEIL SONNE !!

Là c'est clair, c'est bien plus dur que la veille, d'autant que perso, la nuit n'a pas été très bonne, ... moi qui suis habituellement une vraie marmotte, capable de s'endormir n'importe où, n'importe quand  (même sur l'herbe à 15km de l'arrivée d'un UTMB !! lol).

Il m'a bien fallu 5' pour attérir, avant de plonger dans le short et le maillot ... ''Putain, il pleut !!'' ... du coup le short se transforme vite en collant ... comme si j'avais eu déjà peur ''d'aller au combat" !?  ... 4h30, tout est prêt, y a plus qu'à prendre un petit déjeuner, vite fait, et de prendre les bâtons !!

 

5H00 DEPART ETAPE 2

Il fait nuit, il pleut bien comme il faut, y a 65km à faire, y a 65km de déjà faits la veille, ... TOUT VA POUR LE MIEUX !! mais Faut vraiment aimer çà pour y aller !!!

Vu les conditions, impossible d'emmener l'appareil photo, il est pas waterproof ! ... d'ailleurs celui de Pilou non plus a priori ... lol ...je crois qu'il a pas résisté aux conditions basques !

Dès le dépar, on se tape 4-5km de goudron, à l'envers de la veille, pour repasser aux Aldudes et nous amener au pied de la première ascension. Le peloton est groupé, ca va pa très très vite, mais déjà je suis à fond !  Enrique est devant, avec C.Bassons, ils discutent, se racontent des blagues, ... mais leurs équipiers, ont les entends pas !! Pour ma part, je sais que çà va pas ! Je me rassure en me disant que c'est plat, c'est du goudron, ... et que lorsque ca va monter ca ira mieux ... mais mon cardio m'indique 140-150puls/min !!!  Lui c'est clair il voulait pas redémarrer ! Il en avait assez de la veille ! ... je serai cool, y'aurait pas d'inquiétude, mais dans la mesure où j'était déjà presque à fond , ... ???

 

Heureusement, après 30', on attaque enfin la montée, en direction de l'Espagne, ce qui signifie que l'on va marcher ... Ah !!  Cà j'aime bien !!  Enrique fait toujours le tempo, je reste derrière Claude et Christophe  bien calés derrière lui, et finalement, derrière nous, les lampes forntales s'éloignent petit à petit ...  à la marche, mon rythme n'est pas si mauvais que çà !! Au sommet, on retrouve Gégé, avec sa frontale et son 4x4, et annonce à la radio le passage des 2 équipes de tête au sommet . Le début a été laborieux, mais au bout d'une heure, je suis de nouveau dans le rythme.

La descente : INTERMINABLE !!  Plus de 10km, mais sans pente franche, principalement sur une grande piste (voire une route !!), pour rejoindre ELIZONDO, où nous ne verons personne !! Trouvez un espagnol à 7h00 du mat un samedi matin !! lol ... On envoie un peu sur quelques portions, quelques glissages sur les pierres détrempées, et après quelques longueurs et la traversée  assez monotone du village par ses Grandes rues, nous voilà au premier ravito, à l'abri, dans un petit garage, dans une ambiance bien sympathique. Un petit arrêt pour tous les 4, et nous voilà repartis.

Cette fois, on attaque la seconde difficulté, pour rebasculer sur les Aldudes, via le col de Buztanzelay. D'entre, çà monte fort par du goudron (encore !!) puis rapidement par un chemin. Enrique, fait le tempo, suivi de Claude et Christophe (encore !! ... mais là ca va pas durer ...) et moi, derrière, je m'accroche. Bizarrement, je décroche de quelques mètres ... 1, puis 2, puis 3 ... et mon cardio affiche 135 -140 puls/min !!!  Je ne parviens pas à recoller ... je gère monrythme ... mais Christophe s'aperçoit de ce décrochage, et comme la veille, ils partent en courant sur une portion de relance  en trotinnant ... Enrique me demande ''Tu peux ??''... ''Non, je continue à marcher'' : impossible pour moi de trotinner ... celà fait 3 heures de course seulement, et comme la veille, je suis d'un seul coup, sans forces, vidé, incapable de relancer et de trotinner y compris sur les portions planes !! Le cardio chute encore ... 120 puls/min et je ne peux accélerer, j'ai rien dans les jambes !!!  Les bretons nous dépassent (d'ailleurs je les félicitent de leur étape !!), puis les suivants ... je suis anéanti ... et voyant Enrique impuissant mais aussi dubitatif, je suis à la fois anéanti et énervé !  Je suis incapable d'avancer, mais mon coéquipier veut continuer; il croit au podium, il croit que çà va repartir, ... lui qui n'a jamais abandonné une course ... toute la difficulté des courses à deux se retrouve dans ces moments douloureux !!  Je ne voie qu'une issue, l'abandon ... mais çà reste encore incompréhensible pour lui, il fondait beaucoup d'espoir sur cette épreuve qu'il courait en souvenir de son grand père ...''désolé Enrique, j'ai vraiment fait tout ce que j'ai pu  ... ''

COL DE BUZTENZELAI - Km25 -ABANDON

Trempés, frigorifiés, nous voilà dans le 4x4 d'assistance, monté au col pour le pointage des coureurs. Pas un mot. Moments difficiles, beaucoup de choses se bousculent ... c'est la déception qui prend le dessus, pour de nombreux points. Très rapidement, et là je remercie les bénévoles qui nous ont transportés, on nous descend aux Aldudes. On se fait ensuite ramenés à Baigorri très gentiment. On récupère nos sacs. La douche. ... puis Enrique repart sur Ibardin, ... pour travailler ...  FIN DE NOTRE AVENTURE.

 

Pour la suite, j'attendrai quelques heures pour voir l'arrivée du Trail Gourmand, où mon père termine à la 5ème place du jour !! ... puis les arrivées des différentes épreuves , avec les potes, en faisant un bon pique nique avec la famille !! Ca fait du bien au moral quand même !

On discute, les anecdotes du jour, les bobos, ... et tout çà se terminera au fameux repas de clôture dans la salle où le week end a été démarré !

LA BOUCLE est BOUCLEE (à moitié tout de même )

 

MERCI A TOUS POUR VOS ENCOURAGEMENTS

A 2009 ???

 

 



15/05/2008
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