Le Blog du Lémurien

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Edition 1 ULTRA EUSKAL TRAIL 2014

''L'authenticité du Pays Basque le rend quand même exigeant''

 

 

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L'Euskal Trail est devenu depuis de nombreuses années une épreuve phare du calendrier des courses nature de la Région. A St Etienne de Baigorri, l'Association EUSKAL RAID dispose d'un savoir-faire incontestable en terme d'organisation. Leur expérience en matière d'organisation leur permet de proposer des prestations irréprochables. Ils ont aussi la volonté de mettre en valeur les produits locaux, les merveilleux paysages et différents villages de la Vallée des Aldudes, de proposer une convivialité autour de superbes repas, et proposent surtout un concept unique : la course par équipe de 2, et sur 2 jours avec 2 étapes consécutives. Ces ingrédients en font une épreuve unique, très renommée, et les coureurs se déplacent des quatre coins de la France pour y participer. Cette année 2014, plus de 2300 coureurs étaient présents à Baigorri pour participer à l'une des différentes formules proposées : 2x25km par équipe de 2, 2x40km par équipe de 2, ou 130km par équipe de 2 ou en solo, l'ULTRA EUSKAL RAID 130Km.

 

Ayant participé à de nombreuses reprises à différentes formules de l'Euskal Trail (2x40km – 2x65km – 180km en 4jours), j'avoue que lorsque cette idée de mettre en place une épreuve d'Ultra Endurance sur ce beau terrain de jeu a été dévoilé, j'ai été séduit de suite. Je voulais en être de cette Première Edition de l'ULTRA EUSKAL RAID 130Km. Par contre, même si je trouve que la course en binôme est ''la marque de fabrique'' de cet EUSKAL TRAIL... la distance et la porte ouverte laissée aux coureurs de partir en solo m'ont orienté sur ce format Ultra ''classique''.

Le parcours était alléchant, avec une gigantesque boucle de 130km, de Baigorri à Baigorri, en passant par les sommets symboliques de cette Vallée des Aldudes : Jarra, Larla, Iparla, Hautza, Adi, Adarza... un parcours sauvage, authentique, très exigeant sur les lignes de crêtes, avec près de 7500m de dénivelé positif. Un dénivelé par accoups, par véritables murs entrecoupés de sections courables (ou pas) sur les sentes de brebis typiques de ce cher Pays Basque. Un véritable défi pour chaque participant, quelque soit son niveau, quelque soit son expérience. Une aventure à vivre, un nouveau défi (de plus) à relever.

 

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Site Officiel de l'Organisation

 

 


 

 

 

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Je me suis donc préparé très sérieusement, pour ne pas trop subir sur ces pentes terribles des sommets basques, si tôt dans la saison. Je me suis entraîné en vue d'être au maximum de mes capacités pendant 3 mois, à pied, à vélo, à ski, avec des semaines à plus de 15h d'entraînements, des compétitions de préparation pour me situer et me préparer par la même occasion, mais toujours dans le plus grand plaisir, sur ces sessions partagées avec les potes bien sûr. Il y a eu 3 gros ''weekend chocs'', sur Terres Basques en Mars ( Récit et Photos), sur le Raid des Naka Naka ( Récit du Spring Raid) en Avril et le LemurCamp fabuleux à La Pierre Saint Martin ( LemurCamp Familly entre Soule et Barétous). Sans me prendre pour autant au sérieux, j'ai fait les choses sérieusement, avec pour but principal d'arriver en forme pour tout simplement  relever le défi, et rallier la ligne d'arrivée sans trop de complications. 130km, c'est quand même 130km, faut surtout pas banaliser ce genre d'épreuves! Ces 3 mois se sont très bien passés. Les indicateurs de début de saison étaient très favorables (Sarakorrika - CR ici – KV Petit Train de la Rhune - CR ici). Je suis donc arrivé à Baigorri à 100% de mes moyens physiques, et avec la ferme volonté de réussir MA course. Dans ce genre d'épreuve, j'ai toujours fait abstraction des autres coureurs, quelques soit ma position. La course se fait contre soi-même, il faut se gérer sans se soucier des éléments extérieurs, c'est selon moi le seul moyen de réussir une parfaite gestion de course. Le résultat n'en est bien souvent que meilleur …

 

 

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Mes Conseils pour ceux qui souhaitaient se préparer ... ça vaut ce que ça vaut ...

 

 

 

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Mon Analyse Tactique et Mentale du parcours pour une gestion optimale

 

 

 

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''La Pancarte'' du Sud Ouest précédant la Course

 

 

 

 

Un matos bien ajusté pour les circonstances

Chaussures Lafuma V300

Sac à dos Speed Trail sans les portes bidons et avec une poche à eau 1.5l

Short light Speed Trail

Veste Imperméable SpeedTrail 150gr

Tee-shirt technique+Débardeur+Manchettes

Ravito (1 barre) + Gobelet

Matos obligatoire : sifflet-couverture-piles-frontales-téléphone

Superflux : ma GoPro et le boitier GPS de l'organisation pour le suivi

 

 

 

Un assistant-photographe personnel pour la journée (du grand luxe mais une pression supplémentaire?) … bref, tout était prévu pour que cela se passe au mieux ...

 

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Tous les feux étaient donc au vert!!

 

 

 

 

 

 


 

 

… et c'est exactement ce qu'il s'est passé. Le temps au départ est 100% basque, car même s'il ne pleut pas (encore), le plafond est bas et le taux d'humidité à son maximum. Température idéale par contre mais les prévisions ne sont pas optimistes pour la journée à venir. A vrai dire, je n'ai plus regardé la météo pendant une semaine, car de toute façon, j'étais ''préparé'' et ''mentalisé''.

 

Nous étions donc un peu plus de 300 à nous élancer ce Vendredi 29 Mai à 5h00 du matin, du fronton de Baigorri. Le départ est donné, l'ensemble des concurrents semble très prudent. Sur cette Edition 1, personne n'a réellement de repère. Nerea Martinez mène ce peloton quelques hectomètres jusqu'aux caves d'Irouléguy, puis très vite, j'ai pris mon rythme, sans m'occuper de quoi que ce soit, et je me suis retrouvé en tête de course (seul) presque dès le premier kilomètre … pour ne plus jamais la quitter sauf petite pause technique l'espace de quelques hectomètres).

 

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Les conditions météos ont été apocalyptiques par moments (pluie, grêle, froid …) et franchement très défavorables tout au long de la journée (brouillard, boue, vent...) ce qui a rendu le parcours encore plus rude que ce qu'il était. Le terrain glissant rendait les appuis fuyants à la montée, et surtout transformait les descentes vertigineuses en véritables pistes pour funambules. Il a fallu faire preuve d'engagement et de technicité, c'est certain. Cela ne m'a pas dérangé, bien au contraire. J'étais préparé ''mentalement'' à affronter ces conditions ''basques''. Mon expérience acquise de 10ans de pratique de l'Ultra-Trail m'a permis de bien appréhender tous ces éléments (pour une fois) : gestion du matériel, utilisation des bâtons, de la veste imperméable, et surtout une très bonne gestion de l'alimentation. LE facteur clé pour une course pleine et éviter les coups de barre. Toutes les 2 heures (temps que je mettais entre 2 postes de ravitaillement en moyenne), j'ai donc pris systématiquement 5' (parfois 10') de pause pour me ravitailler et m'hydrater. Ce temps perdu est toujours du temps de gagné... Pour une des premières fois, je pense avoir réalisé une course presque parfaite, avec aucune baisse de régime du début à la fin. J'ai maîtrisé mon allure pour tenir le rythme du début à la fin, ce qui n'est jamais simple sur une telle durée d'effort, mais sans jamais me ''promener'' pour autant ! Ce n'était pas de la ballade je vous assure. J'étais à mon maximum. Oui j'étais en tête, du début à la fin, mais je ne m'en suis presque jamais soucié, sauf dans les 15 derniers km peut-être. J'ai fait avant tout la course avec moi-même, en cherchant à faire une ''course propre'', en profitant de tout ce qui nous était proposé, malgré ces conditions météos désastreuses.

 

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Je retiendrai donc ces sublimes forêts ''enchantées'' traversées, avec des couleurs verdoyantes, cette brume,  comme on en voit que dans les cartes postales. C'était du côté d'Ispéguy, puis du côté d'Urkiaga entre Les Aldudes et Urepel.

 

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Mais aussi tous ces pâturages (moutons, pottoks, …) parfois seules âmes qui vivent dans ces montagnes enclavées et préservées... ces petits moments de course où j'ai pu faire la course avec des dindons (ou des oies?), où j'ai couru derrière les brebis à Arnéguy pendant presque 1km pour les amener jusqu'au village !!

 

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Puis ces bénévoles que l'on découvre à un sommet à arrivant seulement à 2 mètres d'eux tellement le brouillard étais épais ! Cela a été le cas presque à chaque sommet : Jarra (de nuit), Hautza, Adi … des instants forts où à chaque fois, je me suis mis quelques instants à la place de ces bénévoles : ils sont restés là-haut pendant des heures et des heures, du premier au dernier … un autre genre d'exploit …

 

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Je retiendrai aussi ces quelques kilomètres sur les Sentiers de St Jaques, à la sortie de Roncevaux. Un autre monde … seul moment de la course où on a croisé des êtres humains extérieurs à l'épreuve … ces pèlerins dissimulés de la tête aux pieds sous leur poncho, rincés par les trombes d'eau de la journée, dos courbé par leur sac de 25kg, ahuris de voir quelqu'un aller ''dans l'autre sens'' presque en courant … et surtout dégoutés de ne jamais arriver à leur destination ! ''How many kilometers to Roncevaux ?'' m'a dit un vieux Monsieur barbu dégoûté en train de pousser son VTT … en descendant !! Surréaliste ces quelques kilomètres sur les Chemins de St Jacques.

 

 

Je retendrai aussi ces bénévoles qui suivent la course avec leur 4x4 … et qui arrivent à sortir de nulle part toutes les 20' ! Incroyable, il y a des pistes carrossables partout dans ces montagnes basques, qui leur permettent de suivre la course. Avec le temps du jour, ils baissaient juste la fenètre pour me glisser toujours un petit mot d'encouragement, et s'empressaient de refermer assez vite … pour ne pas transformer leur 4x4 en piscine (j'exagère juste un peu)...

 

 

 

Je retiendrai quand même cette belle lutte avec Guillaume LEVOY. J'ai réussi à faire abstraction de tout un long moment, mais quand même, sur la fin, je ne peux pas cacher que j'avais à cœur de ne plus lâcher le morceau. L'inconvénient est que lorsqu'on est en tête, on ne dispose que des écarts du point précédent, c'est à dire avec plus de 2heures et presque 15km de décalage … et visiblement, mon avance se stabilisait aux alentours de 30'. C'est beaucoup pour certains, mais très peu finalement : la moindre défaillance peut être fatale. J'ai donc tout donné à la sortie d'Arnéguy, pour les 25 derniers km et 1000m de d+ : j'ai réussi à courir sur la portion bitumée, à relancer sur les travers, à courir tout le faux-plat montant vers Ehunzarroy … je suis arrivé un peu ''rincé'' au dernier ravito … mais avec le sentiment de ne pas avoir pu perdre beaucoup de temps sur ce tronçon. Dernière montée, dernière descente rondement menée, il fait à peine nuit (15' de frontale au final...)... et à l'arrivée, l'écart sera le même ! Donc bravo à Guillaume, car il a réussi une course très bien gérée. Pour une première, c'est prometteur !

 

 

 

 

 

Puis je retiendrai cette arrivée  St Etienne de Baigorri. C'est seulement à 2 km de l'arrivée que je commence à savourer… la dernière montée-descente entre Arnéguy et Baigorri n'a pas été de tout repos, j'ai sincèrement tout donné. Me voilà arrivant sur Baigorri, à l'issue de ces 130km. Voilà plus de 17h que nous sommes partis ''gambader'' dans ces montagnes, il est un peu plus de 22h et quelle surprise que de voir tout ce monde pour m’accueillir sur la ligne d'arrivée ! Les fumigènes, la musique, les applaudissements et même le feu d'artifice : une arrivée riche en émotion, partagée cette fois avec mon assistant sur la course, mon ami Stéphane Salerno. Un superbe moment. Toute l'équipe d'organisation est là. Je suis un peu ''à l'ouest'' … voilà, la boucle est bouclée … j'en oublie mes douleurs dans l'euphorie, mais il faudra quand même se pencher sur une belle ampoule et surtout une belle inflammation du genou droit ...mais c'était pas le moment, j'ai vraiment apprécié cette arrivée surprise !! Merci à tous et à l'organisation. Un grand moment.

 

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Me voilà donc vainqueur de la première Edition de l'Ultra EUSKAL TRAIL 130km 2014. Plus que la victoire, j'ai ce sentiment de satisfaction d'avoir maîtrisé ma course et ses éléments (alimentation, matériel, mental,...), d'avoir mis un point d'honneur à tous ces entraînements … animés juste par cette passion pour l'effort, pour la montagne, comme je le fais depuis que je cours dans les montagnes, sans autre prétention que celle de me dépasser et relever des défis personnels. Comme tous les finishers au final, content d'être arrivé au bout, d'avoir relevé un défi (de plus), comme tous les autres coureurs qui y étaient venus pour ça sur la ligne de départ. 

 

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Podium Individuels : 2ème Guillaume LEVOY - 3ème Imanol ALESON

 

 

 

 Crédits Photos : Merci à Benat PIKABEA, Laurent Etchamendy de VidéoProd64 et biensûr Xteph Salerno.

 


 

 

Des Liens

 

  Le Récit des ''Marmottak'' - MendiEdderak - Superbe site au passage!

 

et ci-dessous leur beau montage vidéo de l'intérieur

 

 

 

 

 


 

 

 

 



07/06/2014
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